Un "kit" pour ausculter les PME

Marché de l'emploi - 15 mai 2012


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Le portail swissinfo.ch a publié un article sur la souffrance dans le monde professionnel à l'occasion de la fête du travail, révélant que la Suisse n'est pas épargnée par ce phénomène encore tabou. Citée en aparté de l'enquête de Samuel Jaberg, la fondation Promotion Santé Suisse œuvre pour identifier et combattre les maux dont peuvent souffrir les collaboratrices et collaborateurs sur leur lieu de travail. Parmi ses activités, le programme PME-vital vise à favoriser la qualité de vie dans les petites et moyennes structures. Son contact pour la Suisse romande Anny Wahlen nous en dit plus.

JobticMag : Qu'est-ce que le programme PME-vital ?
Anny Wahlen : Il s'agit d'un site Internet de Promotion Santé Suisse. Le programme va de la sensibilisation des différents acteurs des organisations à l'établissement de mesures et d'évaluations en passant par une phase d'analyse.
PME-vital se penche tant sur le comportement individuel des collaborateurs et des cadres que sur les conditions de travail liées à la structure dans laquelle ils évoluent.
 
JobticMag : Comment en bénéficier ?
Anny Wahlen : Ce programme est mis librement et gratuitement à disposition des petites et moyennes entreprises. Pour en bénéficier, il suffit de s'enregistrer sur le site en fournissant ses coordonnées, son e-mail et en acceptant de partager les données récoltées à des fins de recherches « santé et travail ».
 
JobticMag : Est-il adapté à tout type de PME ?
Anny Wahlen : Tout type de PME, mais aussi les institutions et administrations peuvent y avoir accès. Le panel d'entreprises ayant participé au projet pilote comportait des représentantes du bâtiment, de l'horlogerie, des services et du secteur santé-social. A l'heure actuelle, environ 70% des organisations qui nous sollicitent sont du tertiaire et près de 30% appartiennent au secteur secondaire. Le primaire couvre moins de 1%.
 
JobticMag : Combien coûte-il ?
Anny Wahlen : Comme indiqué précédemment, l'ensemble du matériel de sensibilisation, d'analyse et de formation (déroulés, diapositives, présentations, questionnaires, etc.)  est mis gracieusement à disposition. Cependant, notre objectif est d'encourager les organisations à aller au-delà d'une  approche ponctuelle et thématique, telle qu'une « journée pomme » à la cafétéria ou une action wellness. Cela peut nécessiter le recours aux prestataires spécialistes de la santé au travail listés sur notre site, mais plus de la moitié des organisations  choisissent d'utiliser ces outils de manière autonome.
 
JobticMag : Quels sont les axes sur lesquels vous êtes le plus amenés à travailler ?
Anny Wahlen : Le sondage auprès des employé/es, l'un des trois outils d'analyse, est le plus utilisé.  Celui -ci permet un état des lieux sur les aspects de charge et d'organisation du travail, d'exigences, de communication, d'ambiance, de management et sur les éventuels impacts physiques, psychiques ou relationnels.
 
JobticMag : Sur la base de vos observations, la santé au travail est-elle encore négligée en Suisse ?
Anny Wahlen : On constate une certaine prise de conscience. De plus en plus d'entreprises comprennent que des collaborateurs en mauvaise santé peuvent avoir un impact négatif sur leur performance.
Les enjeux de la santé sont complexes. Ils ne concernent pas seulement les conditions de travail ou les aspects comportementaux et liés à la personnalité. La manière de gérer l'organisation, la culture d'entreprise et l'ambiance générale sont aussi à prendre en compte. Tous ces paramètres nécessiteraient la mise en place d'une stratégie globale en matière de santé.
 
JobticMag : Le recours à votre programme n'est-il pas, dans certains cas, une simple démarche marketing des PME vis-à-vis de leurs collaborateurs ?
Anny Wahlen : Même si leur motivation est partiellement intéressée, il est important de thématiser ces questions. A terme, nous souhaitons que les organisations travaillent en amont pour garantir la bonne santé de leur personnel plutôt que d'agir rétroactivement.
 
JobticMag : Votre boîte à outils est-elle bien connue des PME ?
Anny Wahlen : Nous comptons aujourd'hui plus de 4600 utilisateurs enregistrés. La plupart viennent de Suisse mais il y a également une  proportion de représentants allemands, autrichiens et italiens (env. 20%). Même si nous n'avons pas de statistiques propres aux régions linguistiques, un coup d'œil à la langue employée par les membres suisses laisse penser que la très grande majorité d'entre eux provient  de la partie alémanique. La promotion de ce programme en Romandie fait donc partie de nos priorités et votre article y contribue.
 
Propos recueillis par LP
Plus d'infos sur http://www.pme-vital.ch/