Charles Buttner et les frontaliers du Haut-Rhin

Marché de l'emploi - 14 avril 2010


Charles Buttner et les frontaliers du Haut-Rhin

« Les frontaliers illustrent l'Europe de demain » nous dit Charles Buttner, président du conseil général du Haut-Rhin. Pourtant il s'inquiète de l'augmentation des travailleurs allemands en Suisse alémanique par rapport à la diminution des travailleurs français dans ce même territoire.
Pourquoi les français se font-ils si timides en Suisse allemande ? D'une part, il y a la concurrence des allemands ; d'autre part, il y a la main d'oeuvre venant de l'Est ajouté au manque de compétence linguistique du travailleur français. « Quand un chef d'entreprise suisse me dit qu'il cherche désespérément à recruter un chauffeur routier capable de comprendre les instructions qu'on lui donne, ça me désole. » commente Charles Buttner.
Pour contrer ce problème, Buttner soutient les classes bilingues des collèges avec l'accord de l'Education nationale. « L'Allemand n'est plus l'ennemi d'hier. »
D'autres difficultés s'imposent aux frontaliers ; à Saint- Louis, dans le Haut-Rhin, il est interdit de stationner plus de trois heures près de la frontière. En Suisse, à Bâle, à compter du 1er janvier 2010, les zones blanches (permettant un stationnement illimité) seront supprimées, laissant la place à des zones bleues qui ne permettent de se garer que pour une certaine durée.
Le président du conseil général du Haut-Rhin conclut son interview sur un autre point important concernant le manque de frontaliers français en Suisse allemande : « La volonté politique de travailler ensemble est beaucoup plus forte en Suisse et en Allemagne qu'en France, c'est un fait. »
Pour Charles Buttner, ce type de travailleurs internationaux est représentatif du futur : « Nos 40'000 travailleurs frontaliers, qui vont de l'un à l'autre de nos pays, sont l'illustration de cette Europe de demain. »
NM
Image : http://www.allonsplusloin.com/
Référence : Frontalier magazine, N°98, février 2010.