La Paix du travail

Marché de l'emploi - 6 avril 2010


La Paix du travail

De la France à la Suisse, on trouve une toute autre approche du conflit employeur/employé. Alors qu'en France on a tendance à « faire grève d'abord et négocier ensuite », pour reprendre la formule de Catherine Aebischer, en Suisse nous avons une longue tradition de paix sociale remontant aux années 1930 et à la Grande Dépression.
Dans le climat tourmenté de l'époque - les fascistes et les communistes s'affrontent pour une réorganisation de la société - les Suisses se sentent menacés dans leur neutralité et c'est dans ce cas de figure qu'est signé l'accord de la paix du travail
, en juillet 1937, entre les syndicats de la métallurgie et le patronat.
C'est ce qu'on appelle une CCT, une convention collective du travail
. Et bien que celle de 1937 soit significative, elle n'en est pas pour autant la première en Suisse. Effectivement, au 19ième siècle, les menuisiers de Genève et les typographes de Saint-Gall en ont aussi une ; au début du siècle suivant, ce sont les brasseurs et les typographes. En mai 1937, les horlogers ont la leur.
La paix du travail
c'est un processus de conciliation pendant lequel les employés ne font pas grève et les employeurs ne renvoient personne. Si ce processus échoue, la grève peut commencer, mais pas avant.
D'ailleurs, avant l'année 2000, la grève n'avait aucune base légale dans les textes. Les choses ont changé depuis, mais la Constitution limite le droit de grève quant aux personnes assurant un service important pour l'Etat.
NM
Référence : Catherine Aebischer, « La Paix du travail face à de nouveaux défis », Frontalier magazine, N°98, p. 11, février 2010.
Image : 1891 - Grève des transports, un omnibus est pris d'assaut.
English translation of this article