Chômage chez les jeunes : la Suisse s'en sort plutôt bien

Career management - 24 August 2010


Une étude menée par le Bureau international du travail (BIT) et relayée par les agences de presse jeudi 12 août dernier a révélé que le taux de chômage des 15-24 ans dans le monde a atteint le chiffre record de 13% en 2009. La situation est particulièrement problématique dans les pays dits émergents, qui regroupent 90% de cette catégorie d'âge et où les chances de décrocher un travail permettant de sortir du seuil de la pauvreté sont rares.
Mais qu'en est-il de la Suisse ? Giovanni Ferro Luzzi, collaborateur scientifique auprès de l'Observatoire Universitaire de l'Emploi, rapporte qu'elle affiche un meilleur état de santé que la plupart des autres pays, même européens, en la matière. « Il n'y a pas une grosse différence entre les classes d'âge comme par exemple en Espagne ou au sud de l'Italie, où les jeunes peinent véritablement à trouver du travail », affirme-t-il.
Deux types de chômages à prendre en compte
Il tient également à préciser qu'une distinction doit être faite quant à la durée de la période passée hors du marché du travail. « Le chômage peut couvrir un laps de temps de six mois comme de quatre ans. Dans ce deuxième cas de figure en vigueur dans certains pays, les conséquences sont parfois dramatiques car, en restant longtemps sans emploi, les jeunes perdent la motivation et les qualifications », commente-t-il.
Fort heureusement, la situation n'est pas aussi préoccupante en Suisse, qui dispose d'un « marché relativement flexible » capable d'absorber les nouveaux arrivants au sortir de leurs formations respectives.
Vers une amélioration
Malgré tout, Giovanni Ferro Luzzi ne nie pas que les deux dernières années aient été difficiles pour la jeune génération en raison de la crise. « En période de récession, les jeunes subissent le contrecoup car ils n'ont pas d'expérience. » Contraints au chômage, certains d'entre eux en ont profité pour suivre d'autres formations. « Les titulaires d'un bachelor ont par exemple choisi de continuer jusqu'au master, d'autres auront opté pour une Haute école », spécifie le collaborateur scientifique auprès de l'Observatoire Universitaire de l'Emploi. Cette attitude est à encourager si l'on sait que « les jeunes sortis de l'école obligatoire et sans qualification sont les premiers à souffrir en cas de diminution de l'activité économique. »
Concernant l'avenir, Giovanni Ferro Luzzi se montre plutôt optimiste s'agissant du taux de chômage des jeunes : « On peut s'attendre à une évolution plus favorable pour les prochains mois, semestres ou années. Relativement à d'autres pays, la situation est réjouissante en Suisse », conclut-il.
Ludovic Pillonel